Acheter la nue-propriété d'un logement neuf pour investir, comment ça marche ?
Acheter la nue-propriété d'un logement neuf, pendant qu'un bailleur institutionnel détient l'usufruit temporaire (15 à 20 ans, régime de l'usufruit locatif social, article L. 253-1 du CCH), est un placement distinct de la donation avec réserve d'usufruit, frais de notaire réduits, aucun IFI pendant la durée, mais sans revenus ni gestion, jusqu'au retour de la pleine propriété.
Un usage différent du démembrement de donation déjà traité sur ce guide
Ne confondez pas ce montage avec le démembrement pour transmettre un bien à ses enfants en s'en réservant l'usufruit, expliqué dans notre article sur donner la nue-propriété en gardant l'usufruit. Ici, l'investisseur achète la nue-propriété d'un logement neuf comme placement, un bailleur institutionnel, bailleur social, organisme HLM ou foncière, détient l'usufruit temporaire pour le louer, généralement pendant 15 à 20 ans.
Frais réduits, IFI écarté, deux avantages réels, pour la bonne raison
Les droits de mutation sont assis sur le seul prix de la nue-propriété (article 683 du CGI), qui n'inclut pas la valeur de l'usufruit, les frais de notaire sont mécaniquement réduits par rapport à un achat en pleine propriété.
Le bien échappe en général à l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) pendant toute la durée du démembrement, non par une niche fiscale dédiée, mais par application du principe général de l'article 968 du CGI, l'usufruitier est redevable sur la pleine valeur, le nu-propriétaire n'a rien à déclarer. Comme l'usufruitier institutionnel n'est généralement pas une personne physique assujettie à l'IFI, le bien y échappe de fait.
Un chiffre à ne jamais confondre avec le barème fiscal
La décote commerciale souvent annoncée, autour de 40 % pour l'usufruit et 60 % pour la nue-propriété, est un usage de marché, pas un taux légal, la fourchette réelle observée va de 30 % à 46 % selon les opérateurs et la durée. Le seul barème officiel applicable à un usufruit à durée fixe, l'article 669-II du CGI, retient 23 % de la valeur en pleine propriété par période de 10 ans, sans fraction, soit 46 % pour 20 ans, un chiffre différent des 40 % parfois cités. Ce barème fiscal, utile pour les droits d'enregistrement et l'IFI le cas échéant, et le prix commercial négocié entre le promoteur et l'investisseur ne se confondent pas.
Charges et taxe foncière, une clause contractuelle, pas la règle par défaut
La prise en charge de la taxe foncière et des grosses réparations par l'usufruitier institutionnel n'est pas la règle par défaut du Code civil, qui met en principe les grosses réparations à la charge du nu-propriétaire (articles 605 et 606). C'est une clause contractuelle dérogatoire, habituelle dans ces montages, mais qui doit figurer explicitement dans la convention de démembrement ou le contrat de réservation avant tout engagement.
Questions fréquentes
Quelle différence avec la donation avec réserve d'usufruit ?
Ici, l'investisseur achète la nue-propriété d'un bien neuf pour placer son argent, un bailleur institutionnel détenant l'usufruit temporaire pour le louer. La donation avec réserve d'usufruit, elle, sert à transmettre un bien à ses enfants tout en s'en réservant l'usage, deux usages distincts d'un même mécanisme juridique.
Faut-il payer l'IFI sur une nue-propriété achetée de cette façon ?
En général non, pendant la durée du démembrement, en application du principe général de l'article 968 du CGI, c'est l'usufruitier qui est redevable sur la pleine valeur. Comme l'usufruitier est un bailleur institutionnel, rarement une personne physique assujettie à l'IFI, le bien y échappe de fait.
La décote de 40 % annoncée par les promoteurs est-elle un taux légal ?
Non. C'est un usage commercial, avec une fourchette réelle de 30 % à 46 % selon les opérateurs. Le seul barème légal, l'article 669-II du CGI pour un usufruit à durée fixe, retient 23 % par période de 10 ans, soit 46 % pour 20 ans.
Que se passe-t-il au terme de l'usufruit ?
La pleine propriété se reconstitue sur la tête du nu-propriétaire sans nouvel acte ni taxation, par simple arrivée du terme (article 617 du code civil).
Le nu-propriétaire paie-t-il la taxe foncière pendant la durée du démembrement ?
Pas nécessairement, mais ce n'est pas une règle légale par défaut, c'est une clause contractuelle dérogatoire au partage prévu par les articles 605 et 606 du Code civil, à vérifier dans la convention de démembrement avant de signer.
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- Légifrance, code de la construction et de l'habitation, articles L. 253-1 à L. 253-8
- economie.gouv.fr, investir en nue-propriété, quels avantages, quelles limites
- BOFiP-Impôts : BOI-PAT-IFI-20-20-30-10 (biens ou droits démembrés et IFI)
- Légifrance, code général des impôts, article 669 (barème de l'usufruit et de la nue-propriété)
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