La commune préempte mon bien, puis-je accepter, renoncer ou contester le prix ?
Si la commune préempte au prix de la DIA, la vente est conclue à ce prix. Si elle propose un prix inférieur, le vendeur peut accepter, renoncer à la vente ou maintenir son prix, le juge de l'expropriation fixe alors le prix (article L. 213-4 du Code de l'urbanisme).
La décision de préemption, forme, délai, motivation
La commune, ou le titulaire délégué, notifie sa décision dans les deux mois de la réception de la DIA. La décision de préemption doit être motivée, elle mentionne l'objet pour lequel le droit est exercé, rattaché à une action ou opération d'intérêt général (article L. 210-1 du Code de l'urbanisme).
Si le titulaire accepte le prix et les conditions figurant dans la déclaration, la vente est conclue à son profit à ces conditions. Le transfert de propriété intervient à la plus tardive des dates auxquelles interviennent le paiement et l'acte authentique (article L. 213-14 du Code de l'urbanisme).
Trois options face à une offre d'achat à prix réduit
Le titulaire peut aussi proposer d'acquérir à un prix inférieur à celui de la DIA. Le propriétaire dispose alors de deux mois pour réagir (article R. 213-10 du Code de l'urbanisme) ; son silence vaut renonciation à l'aliénation, autrement dit le bien est retiré de la vente.
| Option du vendeur | Effet |
|---|---|
| Accepter le prix proposé par la collectivité | La vente est conclue à ce prix |
| Renoncer à la vente | Le bien est retiré de la vente, le propriétaire le conserve |
| Maintenir le prix de la DIA | Le titulaire saisit la juridiction de l'expropriation pour fixer le prix (article L. 213-4) |
| Garder le silence pendant deux mois | Vaut renonciation à l'aliénation (article R. 213-10) |
Les options du propriétaire après une offre de préemption à prix inférieur
La fixation judiciaire du prix par le juge de l'expropriation
À défaut d'accord amiable sur le prix, celui-ci est fixé par la juridiction compétente en matière d'expropriation, selon les règles d'évaluation applicables à cette matière (article L. 213-4 du Code de l'urbanisme). Le titulaire qui saisit le juge doit consigner une somme égale à 15 % de l'évaluation du bien établie par le directeur départemental des finances publiques ; à défaut de consignation, il est réputé avoir renoncé à la préemption (article L. 213-4-1).
Une fois la décision juridictionnelle devenue définitive, les parties disposent de deux mois pour accepter le prix fixé ou renoncer à la mutation. Le silence des parties dans ce délai vaut acceptation du prix et transfert de propriété au profit du titulaire à l'issue de ce délai (article L. 213-7).
Contester la préemption et récupérer son bien
La légalité de la décision de préemption peut être contestée devant le tribunal administratif par un recours pour excès de pouvoir, en principe dans les deux mois de sa notification ou de sa publication. Le vendeur comme l'acquéreur évincé y ont intérêt, et un référé-suspension peut accompagner le recours en cas d'urgence (article L. 521-1 du Code de justice administrative).
Le titulaire doit ensuite payer le prix, ou le consigner en cas d'obstacle au paiement, dans les quatre mois de la décision d'acquérir au prix demandé, de l'accord sur le prix ou de la décision judiciaire définitive ; à défaut, le propriétaire reprend la libre disposition de son bien (article L. 213-14). Enfin, si la collectivité décide d'utiliser ou d'aliéner le bien à d'autres fins que celles de la préemption dans les cinq ans de l'acquisition, elle doit en proposer prioritairement la rétrocession à l'ancien propriétaire ou, à défaut, à l'acquéreur évincé (article L. 213-11).
Questions fréquentes
La commune peut-elle préempter à un prix inférieur à celui du compromis ?
Oui, elle peut faire une offre à un prix inférieur à celui déclaré dans la DIA. Le vendeur n'est jamais contraint de vendre à ce prix, il peut renoncer à la vente ou maintenir son prix, auquel cas le juge de l'expropriation fixe le prix (article L. 213-4 du Code de l'urbanisme).
Qui fixe le prix en cas de désaccord avec la commune ?
La juridiction compétente en matière d'expropriation, saisie par le titulaire du droit de préemption, fixe le prix selon les règles d'évaluation applicables en matière d'expropriation (article L. 213-4 du Code de l'urbanisme). Chaque partie peut ensuite renoncer dans les deux mois de la décision définitive.
L'acquéreur évincé peut-il contester la préemption ?
Oui. L'acquéreur évincé, comme le vendeur, peut exercer un recours pour excès de pouvoir contre la décision de préemption devant le tribunal administratif, en principe dans les deux mois, et solliciter un référé-suspension en cas d'urgence.
Que devient le bien si la commune ne réalise pas son projet ?
Si le titulaire décide d'utiliser ou d'aliéner le bien à d'autres fins que celles ayant justifié la préemption dans les cinq ans de l'acquisition, il doit proposer prioritairement la rétrocession du bien à l'ancien propriétaire (article L. 213-11 du Code de l'urbanisme).
À lire aussi
- Code de l'urbanisme, article L213-4 (Légifrance)
- Code de l'urbanisme, article L213-4-1 (Légifrance)
- Code de l'urbanisme, article L213-7 (Légifrance)
- Code de l'urbanisme, article L213-11 (Légifrance)
- Code de l'urbanisme, article L213-14 (Légifrance)
- Code de l'urbanisme, article R213-10 (Légifrance)
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