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Vice caché, dol ou défaut de délivrance conforme, quelles différences ?

Guide dirigé par , fondateur de BRIVEOVérifié par l'équipe BriveoMis à jour le 16/07/2026

Le vice caché sanctionne un défaut non apparent qui rend le bien impropre à son usage (article 1641 du Code civil). Le dol vise la tromperie intentionnelle du vendeur (article 1137) et permet l'annulation de la vente. Le défaut de délivrance conforme sanctionne un bien différent de ce que le contrat promettait (article 1604).

Trois fondements, trois logiques différentes

La garantie des vices cachés (article 1641 du Code civil) répare un défaut d'usage, le bien livré correspond au contrat, mais un défaut caché le rend impropre à sa destination. Le dol (article 1137 du Code civil) sanctionne un vice du consentement, des manœuvres, des mensonges ou la dissimulation intentionnelle d'une information déterminante ont trompé l'acheteur. L'obligation de délivrance conforme (article 1604 du Code civil) impose au vendeur de livrer un bien conforme aux stipulations contractuelles, ce qui a été promis doit être livré.

Ces trois actions obéissent à des délais et à des sanctions distincts, résumés dans le tableau suivant.

CritèreVice cachéDolDéfaut de conformité
TexteArticle 1641 du Code civilArticles 1137 et 1130 du Code civilArticle 1604 du Code civil
Ce qui est reprochéDéfaut caché, antérieur et graveTromperie intentionnelle du vendeurBien différent des stipulations du contrat
Délai pour agir2 ans dès la découverte (article 1648), butoir de 20 ans5 ans dès la découverte du dol (articles 1144 et 2224)5 ans (article 2224)
Sanctions principalesRésolution ou réduction du prix ; dommages et intérêts si mauvaise foiNullité de la vente et dommages et intérêtsExécution forcée, résolution ou dommages et intérêts
Effet d'une clause de non-garantieClause efficace si vendeur particulier de bonne foiAucune clause ne couvre le dolSans effet sur l'obligation de délivrer ce qui a été promis

Comparaison des trois fondements ouverts à l'acheteur

Le principe de non-cumul, le vice caché est un fondement exclusif

Selon une jurisprudence constante de la Cour de cassation, lorsque le défaut invoqué rend la chose impropre à sa destination, la garantie des vices cachés constitue le fondement exclusif de l'action, l'acheteur ne peut pas le requalifier en défaut de délivrance conforme pour échapper au délai de deux ans de l'article 1648 du Code civil.

En revanche, l'action en nullité pour dol conserve son autonomie, elle repose sur la loyauté du consentement, non sur l'état de la chose, et peut donc être exercée alors même que le défaut relèverait aussi des vices cachés.

Quelle stratégie choisir en pratique

Le dol est la voie la plus protectrice lorsque la preuve d'une dissimulation intentionnelle existe, il neutralise la clause de non-garantie, ouvre la nullité et les dommages et intérêts, et bénéficie d'un délai de cinq ans à compter de la découverte (articles 1144 et 2224 du Code civil). Sa limite est probatoire, il faut démontrer l'intention de tromper.

Le défaut de délivrance conforme s'impose quand le bien livré diffère de ce que le contrat décrivait, dépendance annoncée mais inexistante, équipement promis absent. La surface en copropriété relève d'un régime propre. Si la superficie réelle est inférieure de plus d'un vingtième à celle mentionnée dans l'acte, l'acheteur peut demander une diminution du prix dans l'année de l'acte authentique (article 46 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, issu de la loi Carrez n° 96-1107 du 18 décembre 1996).

Rien n'interdit d'invoquer plusieurs fondements dans une même assignation, à titre principal et subsidiaire, c'est même la pratique courante lorsque la qualification est discutable.

Questions fréquentes

Peut-on invoquer le dol et le vice caché en même temps ?

Oui. La Cour de cassation admet que l'action en nullité pour dol et l'action en garantie des vices cachés ont des finalités différentes et peuvent être exercées parallèlement, l'une visant le consentement trompé, l'autre le défaut de la chose. On les présente en général à titre principal et subsidiaire.

Une surface erronée est-elle un vice caché ?

Non, en copropriété elle relève du régime de la loi Carrez. Si la superficie réelle est inférieure de plus d'un vingtième (5 %) à celle de l'acte, l'acheteur peut demander une diminution proportionnelle du prix, dans le délai d'un an à compter de l'acte authentique (article 46 de la loi du 10 juillet 1965).

Quel est le délai pour agir en nullité pour dol ?

Cinq ans à compter du jour où le dol a été découvert (articles 1144 et 2224 du Code civil), dans la limite du délai butoir de vingt ans à compter de la conclusion du contrat (article 2232 du Code civil).

Pourquoi le dol est-il souvent plus intéressant pour l'acheteur ?

Parce qu'il neutralise la clause de non-garantie, permet d'obtenir la nullité de la vente et des dommages et intérêts, et offre un délai de cinq ans dès la découverte. Sa contrepartie est une exigence de preuve élevée, il faut établir l'intention de tromper.

À lire aussi

Sources
  • Code civil, article 1641 (Légifrance)
  • Code civil, article 1137 (Légifrance)
  • Code civil, article 1144 (Légifrance)
  • Code civil, article 1604 (Légifrance)
  • Code civil, article 2224 (Légifrance)
  • Loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, article 46 (Légifrance)
Entretien de découverte, 15 minutes

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